La poète et le Xtabentún

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Le Xtabentún est une liqueur du Yucatan, fait de miel d’abeilles qui butinent la fleur de Xtabay (fleur dont les composantes chimiques sont très similaires à celles du LSD) de graines d’anis. Çà se boit comme du petit lait.

DSCN0290Chaac,

Tu sais, je me trompe souvent, mais je vois trois sortes de pluies.

La première, celle de l’hiver. Cette pluie qui te glace et te rend malade quand tu as déjà froid. Puis, la pluie chaude, la pluie qui pleure sur tes terres. Cette pluie que tu ne sens même pas lorsque ton corps marine dans un bain de sueur. Mais il existe aussi la pluie fertile, celle qui te rafraîchit l’esprit quand il s’était endormit depuis trop longtemps. Celle qui de rappelle ce qu’est de sentir, ce qu’est de penser, ce qui est d’ETRE.

Chaac, ma pluie me manque, comme ses paroles profonde et la tendresse de ses caresses. Le contraste qu’elle crée dans mon monde modéré, lisse et végétatif me manque. La fraîcheur de ses contradictions me réveille les pensées et me donne l’énergie pour lutter contre l’aridité de la journée. Le doux vent des commentaires qui la précède souffle la poussière sous laquelle je me suis laissée ensevelir durant des années.

Uxmal, la cité construite 3 fois

Dans la région Puuc (des collines) dans l’Etat du Yucatan subsistent de fascinantes ruines de la civilisation Maya.

Uxmal, ce nom nous enseigne qu’il ne faut pas trop se fier aux Mayas. Ouais, les mecs ils savent bien compter, mais alors, ils disent que des conneries puisque cette ville à été édifiée à cinq reprises et non 3. Elle fut peuplée à partir de 600, abandonnée dans les années 900 – surement pour cause de sécheresse extrême, puis récupérée par la dynastie Xiu.

Pour survivre dans cette chaleur aride, cette civilisation à fait preuve d’une grande ingéniosité. Ils ont construit des chultunes (citerne) souterraines tapissées de chaux pour collecter l’eau de pluie et la conserver durant la saison sèche. La rareté de l’eau a donné dans la région une importance tout particulière à Chaac, le dieu de la Pluie ou Serpent Céleste.

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Le petit WM reste à l’ombre pour admirer la pyramide du devin. La légende Maya raconte, qu’il y a très longtemps, il y avait une vieille femme sage qui était pénitente dans la ville de Kabah, elle ne pouvait pas avoir d’enfant, mais œuvrait  pour le dieu Chic Chan. Après un certain temps, elle fut reconnue par ce dieu et il lui dit que ses prières avaient été écoutées. Elle devait aller quotidiennement au Cenote et recherche l’œuf de la grande tortue verte qui la protégerait. Elle le trouva et le ramena chez elle.

Ensuite, la coquille se rompit et un nain vert aux cheveux rouge, différent à tous les enfants, en sortit. Sa mère qui l’adorait lui donna le nom de Saiyawincoob. La femme l’éleva et évitait de le laisser seul pour ne pas que l’on se moque de lui, a part lorsqu’elle allait se baigner au Cénote.  Saiya, comme on l’appelait avec tendresse, trouva des instruments de musique qui fit raisonner dans les cités environnantes. Halach Uinic, le roi de Uxmal, perçut la musique et se souvint de la prophétie qui disait que qui jouerait de ces instruments en faisant retentir le son dans toutes les cités alentours serait le roi d’Uxmal. Il envoya ses serviteurs pour savoir qui jouait et ils découvrir le nain vert aux cheveux rouges. Le roi s’opposa donc à lui donner son royaume et lui lança un défi pour s’en défaire.

La première épreuve fut d’apporter une grande dinde qui sèmerait des œufs. Le jour suivant, Saiyawincoobvint devant le roi avec un grand homme qui semblait enceinte. Halach Uinic se moqua et lui demanda comment il pouvait croire qu’un homme fusse enceinte. Saiya lui répondit que c’était parce que lui même avait demandé qu’il trouve une dinde qui sèmerait ses œufs. Les jurys approuvèrent la première épreuve.

Pour la seconde épreuve, le roi organisa une course, dans laquelle il se changea en reine pour arriver le premier, mais Saiya demanda a son meilleur ami, la grenouille Uo, de courir à sa place, et grâce à un tour enseigné par sa mère, elle arriva à l’arrivée en un instant et gagna la course.

Insatisfait, le roi soumis le nain a beaucoup d’autres épreuves de toutes lesquelles Saiya sortit triomphant. Jusqu’à ce que les juges lui demandent l’épreuve ultime qui lui permettrait d’accéder au trône. La dernière épreuve consista a rompre un cocoyol, une noix très dure, sur la tête de Saiyawincoob avec la pointe d’une lance. Le nain accepta l’épreuve a condition que Halach Uinic passe par la même s’il la réussissait.La mère de Saiya l’aida en lui fabricant un argent spécial qui le protégea, et le roi mourut instantanément.

Saiya fut proclamé roi et gagna le respect du peuple avec tous les exploits qu’il avait réalisé. Il fit construire son palais (le temple qu’admire WM en haut) en un jour et fit  construire un palais pour sa mère.

DSCN0213Au cœur des décors d’Indiana Jones, l’imaginaire est plus puissant que les ruines. Objectivement, le touriste ne voit rien. Il est son corps perdu dans le désordre de la nature et un tas de pierres en ruine, qui ont surement symbolisé quelque chose pour quelqu’un un jour. L’étranger qui ignore la cosmologie d’un lieu est incapable d’en percevoir sa magie. Nous faudrait-il intérioriser la subjectivité de l’autre? Le chemin semble bouché lorsque l’autre est mort à des siècles de là. Il y a sur les Mayas la théorie de la dissociation. Ils auraient pu, en séparant spatialement et temporellement leur corps de leur âme lors de voyages astraux, aller enseigner leur savoir aux égyptiens. Je suis de ce type d’agnostique qui aime les logiques mystérieuses des contes paranormaux. Les ressemblance interculturelles me laisse confuse. Je reste sans explication. Le genre humain comme seule explication de ces similitudes, dans des contextes si différents? Il nous faut trouver un autre point de vue pour admirer la réalité, sous peine d’être condamnés à rester aveugles le restant de nos jours. Les pyramides comptaient peu au final alors que le visiteur lambda ne voit que des pierres. Aviez-vous vu l’iguane au dessus, représentation de l’univers maya dans son infinité? Auriez-vous imaginé que cet arbre ci-dessous pouvait être un chemin vers l’infra-monde? Les archéologues sont des barbares: ils détruisent la symbolique culturelle pour nous parler de composantes chimiques.

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Merida, la ville du hamac.

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Merida ville coloniale, éternelle capitale culturelle du Yucatan, au Sud Est du pays. Jusqu’à l’arrivée de Fransisco de Montejo (ahah, comme la bière!) le Jeune, en 1540, elle était une antique cité Maya, nommée T’hó. En y entrant, les espagnol découvrir une importante ville bâtie en pierre cimenté et au mortier de chaux, quei leur rappela l’architecture de la ville romaine de Merida en Espagne. Il faut croire que les voyages nous rappellent toujours la maison. Ils renommèrent la ville, dentelèrent les constructions Maya et réutilisèrent les matériaux pour ériger une cathédrale: un classique au Mexique.   DSCN0140 Cette petite ville est très fréquentée par le tourisme, puisque elle est située entre divers sites archéologiques. On lui accorde la réputation de vendre de très bon chapeaux et hamacs, en fibres de Heinekein – une fibre présente dans l’agave – très souple et résistante à la pluie. Attention aux charlatants adeptes du coton et du plastique !DSCN0289Niveau climat, la chaleur humide y est étouffante, de jour comme de nuit. Ville pour courageux!

Allez, on se met dans l’ambiance les gas.

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C’est beau d’escalader des pyramides, mais faut bien se désaltérer après. Alors direction Garibaldi avec la maman. Première mission, traverser les rues de Tepito, le quartier « chaud » du centre, de nuit. Arrivée à Garibaldi, la place de la fête au centre, reconnaissable par ses cantines aux façades de western et les rangées d’agaves au centre de la place. Pendant longtemps, on y a permis la prise d’alcool en pleine rue, acte strictement interdit dans le pays, sous peine d’emprisonnement de quelques jours dans une surpeuplée, affreuse et inconfortable cellule de dégrisement!  DSCN0104Les groupes d’amis et de touristes se rendent à cette place pour s’y payer une chansonnette en vivo. Les musiciens viennent de tout le pays, nous en avons rencontré un du Chiapas, et les plus doués font même des tournées internationales. Des dizaines de groupes jouent dans une cacophonie assourdissante. Je vous laisse la vidéo pour tester l’ambiance.

La place est également fameuse pour ses antiques cantines où il est possible de déguster une très grande variété de tequila. Les Mariachis y viennent également faire résonner leur voix pour garantir aux courageux clients une gueule de bois avec migraine. Aller, salud ‘man!

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Teotihuacán, la cité où les dieux sont nés.

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Il y a des visites qui font plaisir. Ma maman a traversé l’Atlantique pour venir me voir. Vous en connaissez beaucoup vous des personnes qui seraient capables d’affronter un Océan pour vous retrouver? Il faut en prendre soin de ceux-ci. Du coup, je l’ai guidée dans un petit voyage à travers le pays.

Le voyage commence au Nord de Mexico, à Teotihuacán, le plus grand site archéologique de toute la mésoamérique. A faire avec bouteille d’eau sinon, on plonge tout droit dans les pommes. La cité fut édifié de 150, date de construction de la pyramide du soleil, à 600. Pour connaitre le déclin aux alentours du huitième siècle. La cité est divisée en quartiers par deux grandes avenues : la citadelles et la calzada de los Muertos, ainsi baptisée par les Aztèques qui envahirent les lieux par la suite, la croyaient bordée de tombeaux érigés par des géants en l’honneur de souverains défunts.

Plusieurs siècles après la chute de Teotihuacán, les souverains Aztèques s’y rendaient en pèlerinage, car selon eux, tous les dieux s’étaient sacrifiés à cet endroit pour mettre en marche le soleil au début du Cinquième Monde.

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Ci-dessus, le temple de Quetzalcóatl construit vers 250 et dans la façade a été recouverte dans les années 400 pour en limiter la porté spirituelle. Sur la droite, la créature habillée d’un collier de 11 pétales serait Quetzalcóatl, le dieux de la sagesse et de la fertilité, et à droite ce serait le serpent du feu, celui qui porte le soleil quotidiennement à travers le ciel, bien qu’on le confonde régulièrement avec Tlaloc, le dieu de la pluie.DSCN0088

Derrière moi, la Calzada de los Muertos s’étend sur 2 km. On aperçoit la pyramide du soleil, la troisième plus grande au monde après celle de Cholula et celle de Kheops, avec 70 m de hauteur, ses 248 marches et 222 m de côté. Dans les années 1970,  les archéologues y ont trouvé une grotte avec des objets de culte. On pense que ce lieu était considéré comme l’origine de la vie. A l’apogée de la cité, la pyramidé était peinte en rouge vif.DSCN0073En arrivant au sommet de la pyramide du soleil, au loin, le petit WM vert aperçoit émerveillé le temple de la lune. Construite vers 300, elle semble presque aussi haute que sa pyramide car elle est construite sur des sols plus élevé. Il comprend maintenant comment ces pyramides ont pu être prises pendant des siècles pour des collines une fois que la nature eut repris le dessus et qu’elle furent recouvertes de végétation.

¿Partir ça te chauffe les neurones?

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DSCN0001Partir: une trahison pour les proches? Les gens rêvent de voyager, ils n’attendent que je trouve les arguments qui les convaincront, j’en connais peu pour qui ce n’est pas le cas. Mais lorsqu’il s’agit de réaliser le rêve: la majorité se défile. Tu comprends… C’est que je ne peux pas m’absenter de la vie des gens qui comptent pour moi, je ne peux pas les « abandonner ». Pourquoi? Vraiment… On aimerait bien se sentir indispensable, important, utile, non? Et nos proches qui crient « au secours », que va-t-on faire sans toi? Après tu resteras pour toujours hein? Comme si leur vie s’arrêtait pour ne pas pouvoir nous posséder… Chantage affectif. Peur. Comment vivre dans un non-lieu émotionnel, sans repère, sans attache, sans soutien? Comment arrêter d’exister auprès des gens de toujours, des connaissances du premier jour, de la famille habituelle?

On ne cesse d’exister. L’absence, au même titre que la mort, n’efface pas la vie partagée et les œuvres réalisées ensemble. Mais… l’homme a peur du vide, toujours. Il s’imagine que l’absence est irremplaçable, que personne ne sera là pour le soutenir de cette manière, que le soutien est dans la présence. Baliverne. La présence physique entraîne bien souvent l’ennui, la frustration et l’absence morale. L’être là en étant ailleurs. Un soutien réel ne peut venir que d’une personne qui se sent heureuse, qui est prête à s’ouvrir à nous puisqu’elle est déjà capable de voir qu’elle a le nécessaire à son épanouissement et que son esprit est libéré de toute quête individualiste. Ces gens là sont partout, partout où il y a de l’humanité. On ne se lance jamais dans le vide, mais dans le monde. Le vide, il est en dedans, c’est l’espace nécessaire pour stoker ce que les sens seront capables de découvrir en dehors.

En dehors, il y a de tout, et sans doute de quoi nous faire heureux. Le bonheur est transmissible, comme une épidémie. Les gens qui s’aiment et qui sont capables d’aimer souhaitent juste nous voir heureux. Les autres ne sont pas des hommes mais des caprices.

Le voyage permet de faire le tri entre le valeureux et le creux, le superficiel et le mensonge. On ne disparaît pas auprès des personnes qui nous aime. Au contraire, le lien se renforce. On apprend de notre « absence » mutuelle. On réfléchit sur notre présence passée. On comprend sa richesse, son apport. On se connecte étrangement. Même parfois, des cadeaux d’anniversaire traversent l’Atlantique… Au loin, la vue est plus claire et les masques tombent. La distance éclaire la présence. Le retour n’efface rien des liens réels. Seules les illusions ne savent résister.

Il n’y a pas de regret à découvrir ce qui n’est pas, et ce qui est vraiment.

Fruit d’un débat avec une amitié retrouvée.

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Voyage immobile. L’autre. Des mots. Café. Cigarettes. Cadavre Exquis.

Voyager est un épopée solipsiste. D’elle ne restent que les contes comme lorsque je partage un rêve, un cauchemars. Rupture avec l’autre monde. L’autre réalité m’oublie. Je l’oublie. L’ultime connexion naît de ma traduction sémantique. Ermite, j’envoie un récital de mes lamentations  à qui sera le recevoir. Au contact de l’air, il se défait de mon essence. Mes mots se changent en boîte vide, en boîte à remplir de mémoires empiriques. Les contes se mythifient. Ils n’appartiennent plus à moi, mais a la multitude imaginative des récepteurs.

Secrets de filles

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Le jour de l’équinoxe, quand le serpent d’ombre et de lumière rampe sur la façade de la pyramide de Quetzalcoatl, j’aurai pu me rendre avec la masse à Teotihuacán, où je n’avais pas encore mis les pied (après 7 mois à Mexico, ça commençait à être grave). Mais non, j’ai préféré passer ma journée à raconter des secrets de filles avec Georgette et prendre des photos étranges à la UNAM, la gigantesque cité universitaire. C’est marrant comme au final, les vies ne sont pas si différentes d’un bout à l’autre de l’Atlantique…882913_2965958004009_1522651167_o

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