Mes 15 ans…

Tags

, , , ,

Le 26 mars, comme tous les ans… c’est mon anniversaire. Sauf que là, ce ne fut pas un anniversaire comme les autres: on a voulu me célébrer mes 15 ans ! Pourquoi me diriez vous alors que je viens d’en avoir 21? Simplement parce qu’ici, les 15 ans sont un événement dans la vie d’une jeune fille, c’est son entrée dans la vie de jeune femme. Je n’ai pas su renoncer a cette drôle d’expérience…

(Les mañanitas – c’est l’équivalant du chant "joyeux anniversaire" au Mexique…)

Voici comment je suis arrivée dans la maison de Marco "mi compadre de casa" (mon parrain de maison), pas bien motivée à me déguiser en princesse comme il se doit. Malheureusement pour moi, je m’étais fait des dollars, la veille au stade avec le match Mexique/Etat-Unis, alors j’ai acheté de quoi boire des petits canons avec les copains qui eux-même n’étaient pas venus les mains vides…

906420_2978815765445_1598029837_oUne fois un peu plus joyeuse grâce à quelques verres de tequila les filles – "mis madrinas de vestido" (mes maraines de robes), m’ont emmené à l’abri des regards pour me changer. La maman de Marco, "mi madrina de pañado", fut très vaillante à s’aventurer dans la jungle de mes cheveux.

45242_482969355089844_947824745_nEt voilà le tavail ! Après quelques essayages, on ma transformée ! Plus mal à l’aise, tu meurs… Mais c’est pas le tout, c’est qu’après il a fallut sortir de là et se montrer à la cinquantaine d’amis qui s’étaient pointés… et encore, c’est pas le pire…

483507_482969658423147_240501470_nIl a fallut danser la valse avec mes Chambelanes, qui avaient sorti la chemise spécialement pour l’événement… Une danse orchestrée par Erika "mi madrina de baile", qui m’a même fait porter par ces caballeros ! C’est fou comme on peut avoir honte quand on est étranger à une tradition…

575731_482970585089721_1086906286_nEnfin, Luis, "mi compadre de alcohol" avec d’autre ma sauvé la donne et ma tendu une bouteille pour que la fête reprenne son court normal… (Ah! et… j’ai pu aller me changer, qu’elle soulagement! Les talons hauts et les robes brillantes, c’est pas mon truc!

181072_482970991756347_1462689040_n

Bien entendu, tout cela n’est qu’un fake, une parodie organisée pour se moquer de la güera. Les vrais quince años se celèbre avec la famille et on prépare à manger. Les 15 ans d’une fille de la fac un peu isolée, évidemment, ça donne une beuverie de plus !

Un homme dans le désert

Tags

, , , , , ,

Il y a des rencontres toutes aussi éphémères qu’elles vous marquent à jamais. J’ai rencontré un homme dans le désert… Une version de moi avancée d’une trentaine d’années d’expérience supplémentaire. Une version de moi dis-je, car il m’a appris à jouer sur les mots. Une de ses devises ? I AM HUMAN, dont la définition est I AM YOU MAN. Il n’a pas fait d’études cloitré dans un amphi avec une bande d’immatures mollassons, il a simplement fait le tour du monde. Il se l’ai payé en écharnant  ses mains, en réparant ou construisant des maisons. Il a ouvert les yeux, il a accepté de voir, de chercher, d’interpréter les signes, sans se laisser distraire.

DSCN2369

Une âme de voyageur, exilée d’Argentine, « résidente » en Israël, qui peuple les terres du monde de ses pas. Son entreprise n’est pas de fuir, bien au contraire… Il est révolté. Révolté par ce que les touristes ont fait de la terre sacrée des Huitcholes. Révolté parce que tout ce que t’achète dans la rue au Mexique est servit dans du polystyrène. Révolté de la triste situation politique en Israël, et partout ailleurs… Révolté de finir au poste lorsque qu’il joue de sa « liberté d’expression » dans les manifestations. La rage qui habite son cœur ne lui permettrait jamais de se résigner. Seulement, quand après 50 ans de tentative de changer les choses depuis l’intérieur, on réalise que le seul gain que l’on nous accorde c’est une privation de liberté, on s’adapte, on sort du cirque et on voit les outils dont on dispose au dehors pour le démonter.

Le problème premier, c’est que l’on n’a qu’une vie. On peut choisir de la bousiller en la protégeant avec de stupides illusions de sécurité financière, d’abondance matérielle, de liens familiaux « solides » et continuer de rêver à mieux quand on arrive à prendre le temps de regarder par la fenêtre, à croire qu’on peut changer les choses alors qu’on n’est même pas capable de faire sans son pseudo confort. On pourra toujours se pointer à  quelques manifestations si les politiques nous jouent des tours, veulent nous réduire notre temps de congés et nous supprimer une partie de nos possibilité de dépenser notre argent durement gagné dans l’année dans un camping à l’entrée des bois. Mais…. ON N’A QU’UNE VIE. Ce serait triste de la passer entre quatre murs sans pouvoir communier librement avec la beauté de la vie alentour. Ce charpentier-là à louer une chambre à Real de Catorce, mais il a passé la sous les étoiles, à jouer de la flute et à m’enseigner ce que le chemin lui a appris. Il y a peu d’esprits qui ont la sagesse de reconstruire après tout avoir détruit par la critique.

Sa solution est la Démocratisation du Savoir. Tu me diras, cela te fait un effet de déjà entendu, mais…  Ok, environ 130 pays (ou plus ?) sur 200 sont considérés comme démocratie. L’accès à l’éducation se massifie bien que près d’un cinquième de la population adulte mondiale reste analphabète (2000-2006, UNESCO). Seulement voilà, on a beau avoir accès à l’éducation, elle ne nous fait pas libres, elle nous met peut être plus de barrières qu’elle nous en enlève par le fait de nous vouloir techniciens spécialisés,  familier au langage informatique et anglais pour rendre toujours plus intelligente et puissante l’industrie mondiale. La tête dans le trou ! La priorité de l’efficacité piétine celle du bonheur en déréglant les rythmes naturels, en supprimant les temps de méditation. En acceptant de devenir robot, nous perdons nos possibilités de réalisation en tant qu’être humain comme partie intégrante du cycle de la vie. Pire, on se concentre sur les tâches assignées, sans être capable de s’en défaire pour voir que notre voisin aussi meurt d’ennui, ne sait plus qui il est, dans quel monde il vit, ce qu’il veut…

Voilà le second problème, on ne sait plus qui l’on est puisque on nous ferme les portes pour nous trouver. Désolée amis positivistes, mais le savoir ne se réduit pas à l’informatique et à l’anglais. C’est un réel lavage de cerveau, ces deux langages nous enferme dans une manière de pensée artificielement homogène, inappropriée à notre contexte, nous prive de catégories nouvelles, de liberté d’interpretation et d’action. Bien sûr, on peut innover depuis cette base, mais notre imagination s’en retrouve grandement réduite ! D’autant plus que nous pourrions faire tous les efforts du monde, l’érudition n’existe pas, la mémoire nous fait défaut. Cependant, la Démocratisation du Savoir nous ouvre des portes. Einstein disait, que nous sommes tous des ignorants, qui ignorons des choses différentes. L’ignorance est réducteur, et même… dangereuse, l’inconnu hérite trop de fois de non-respect,  d’intolérance, de jalousie voire de haine. Se familiarisé avec le savoir – de tout type – c’est comprendre enfin que nous ne sommes les mêmes, dotés de capacité similaires mais que nous dédions notre temps à développer des aptitudes différentes. C’est apprendre à s’écouter, à s’intéresser, à partager et à s’entre-aider. C’est nous permettre de mieux comprendre le fonctionnement du monde dans sa globalité : je ne sais pas vous mais moi, quand je regarde Google Map zoomé à fond, je ne sais pas trop où je suis, j’ai besoin de prendre du recul pour localiser les autres pays pour me repérer relativement à eux. Ainsi pourrions-nous reconstruire nos valeurs, notre identité, dans le regard de l’autre, dans la connaissance de ce qui nous entoure.

545413_502806889778336_1134265044_nLe changement ne viendra pas d’en haut, même si nous nous infiltrons – nous y laisserions notre âme à tricher pour monter là haut. Le savoir est une arme contre la manipulation, ET LE SAVOIR N’EST PAS LE PROPRE DES MANIPULATEURS (ajouterais-je même avec arrogance, LOIN DE LA) ! Le changement viendra de l’intelligence civile, de sa capacité à abandonner quelques heures qu’elle dédit normalement au profit financier individualiste, à l’échange de savoir. Le changement viendra de l’espace public dont il faudra se réapproprier pour s’enseigner des solutions alternatives à travers des ateliers, des discutions, des jeux, du troc. Devenons pragmatiques et arrêtons de faire des théories fumeuses pour justifier notre léthargie. La politique n’est qu’une lutte sordide pour accéder au pouvoir, pour maintenir des intérêts exclusifs, légitimée par des diplômes et la force armée, elle est tout sauf démocratique, n’attendons pas qu’elle nous enseigne la liberté. Prenons –la. Car si nous sommes esclaves c’est que nous voulons bien nous laisser corrompre. 

Ah! Mon cher Albert…

Tags

,

AlbertCamus_Blog_RocioJ’exerce donc à Mexico-City, depuis quelque temps, mon utile profession. Elle consiste d’abord, vous en avez fait l’expérience, à pratiquer la confession publique aussi souvent que possible. Je m’accuse, en long et en large. Ce n’est pas difficile, j’ai maintenant de la mémoire. Mais attention, je ne m’accuse pas grossièrement, à grands coups sur la poitrine. Non, je navigue souplement, je multiplie les nuances, les digressions aussi, j’adapte enfin mon discours à l’auditeur, j’amène ce dernier à renchérir. Je mêle ce qui me concerne et ce qui regarde les autres. Je prends les traits communs, les expériences que nous avons ensemble souffertes, les faiblesses que nous partageons, le bon ton, l’homme du jour enfin, tel qu’il sévit en moi et chez les autres. Avec cela, je fabrique un portrait qui est celui de tous et de personne. Un masque, en somme, assez semblable à ceux du carnaval, à la fois fidèles et simplifiés, et devant lesquels on se dit : « Tiens, je l’ai rencontré, celui-là ! » Quand le portrait est terminé, comme ce soir, je le montre, plein de désolation : « Voilà, hélas ! ce que je suis. » Le réquisitoire est achevé. Mais, du même coup, le portrait que je tends à mes contemporains devient un miroir.

Couvert de cendres, m’arrachant lentement les cheveux, le visage labouré par les ongles, mais le regard perçant, je me tiens devant l’humanité entière, récapitulant mes hontes, sans perdre de vue l’effet que je produis, et disant : « J’étais le dernier des derniers. » Alors, insensiblement, je passe, dans mon discours, du « je » au « nous ». Quand j’arrive au « voilà ce que nous sommes », le tour est joué, je peux leur dire leurs vérités. Je suis comme eux, bien sûr, nous sommes dans le même bouillon. J’ai cependant une supériorité, celle de le savoir, qui me donne le droit de parler. Vous voyez l’avantage, j’en suis sûr. Plus je m’accuse et plus j’ai le droit de vous juger. Mieux, je vous provoque à vous juger vous-même, ce qui me soulage d’autant. Ah ! mon cher, nous sommes d’étranges, de misérables créatures et, pour peu que nous revenions sur nos vies, les occasions ne manquent pas de nous étonner et de nous scandaliser nous-mêmes. Essayez. J’écouterai, soyez-en sûr, votre propre confession, avec un grand sentiment de fraternité.

Albert Camus, La Chute

Champion du monde de la mélancolie?

Si tu as le coeur brisé, surtout, ne vas pas au Mexique. La plupart des chansons parlent d’amour, bon ça c’est pas une exclue. Sauf que là, c’est d’une manière si triste, si mélancolique, qu’on n’est plus dans un registre tragique, mais plutôt pathétique…

Tu ne peux pas les éviter. Dans les transports en commun, dans la rue, on les diffuse si fort, que tu le peux pas compter sur ton MP3. Si tu veux sortir et noyer ton chagrin dans l’alcool : oublie. Quand tout le monde est bourré, on met ces chansons à fond et le top : c’est que tout le monde les connait par coeur ! Je vous mets dans l’ambiance.

Lire la suite »

El básquetbol

Tags

, , , ,

861098_10151250998026417_1664288087_oDe retour sur les terrains. Comme d’hab, un enfer pour la respiration : trop de clopes. Impossible de jouer dans l’équipe de l’université car… je ne suis pas mexicaine ! Mais de se remettre aux entrainement ça fait du bien (et ça fait bronzer puisque les terrains sont à l’extérieur, j’en connais qui vont être contents…). Bref. L’histoire de ma vie : rien de nouveau, on s’en fout.

Toutefois j’ai rencontré une petite miss, elle s’appelle Lotita. Elle m’a dit : le basket c’est comme un petit copain. Ah?! Oui : il te fait souffrir, mais comme il te passionne, tu y reviens toujours. Une seule équipe est la tienne, les autres tu les jalouses ou tu les détestes. Tu t’habilles en fonction de lui. Il fait battre ton coeur, te fais transpirer. Il est source de grande joies et de grande déceptions. Tu passes tes journées avec, tu ne cesses de penser à lui. Il te fais oublier le monde. Il te comble. Il te fatigue. Il ne te laisse pas te relâcher. Si tu l’abandonnes, il faudra que tu luttes pour le reconquérir : la plupart se découragent. S’il trouve de meilleurs joueurs, c’est à eux qu’il donnera la place et il te laissera sur la touche.

Lire la suite »

Ouvrir les yeux est un antidote au désespoir

Tags

, ,

Grandir.

Une soirée. Des étudiants, et un rire qui retentit ponctuellement dans la salle, garant de la bonne ambiance. Le rire éclatant, venant de cette fille, souriante. Après quelques caguamas elle m’a raconté son histoire, mon histoire. Bref, la magie d’une rencontre perdue dans un point sans nom de l’univers.

vic

Cette fille si radieuse cachait sous sa manche de vieilles cicatrices, traces de la lame sur son avant bras. Elle s’était posée trop de questions existentielles. Elle se sentait vide dans une vie vaine. Elle avait trop cherché le pourquoi, endoctrinée, comme beaucoup, par la raison instrumentale. Trop de fois, elle a plongé. Trop de fois, elle a touché le fond. Jusqu’au jour où, malgré le sel piquant de l’océan, elle a ouvert les yeux.

Lire la suite »

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.